Le blog de l'intermittent, mais pas que.

Instagram politique et colégram

Petite photo de rentrée des 4 grandes orientations politiques françaises sur les plans économique, sociétal et international. Sauf surprise, ça ne devrait pas trop bouger jusqu'en 2017.

PS
• économique : centre-droit par renoncement (1)
• sociétal : progressiste
• international : realpolitik (2)

UMP
• économique : centre-droit par idéologie
• sociétal : réactionnaire par calcul politique (3)
• international : realpolitik (2)

bous

Parti de Gauche, EELV, ...
• économique : gauche radicale (4)
• sociétal : progressiste
• international : mondialiste, non-interventioniste par angélisme

FN
• économique : fantaisiste par populisme (et incompétence) (5)
• sociétal : réactionnaire version XVIIIème siècle (race, genre, civilisation, religion, famille...) (5)
• international : isolationiste, non-interventioniste par souverainisme (5)

Notes
(1) la fenêtre était étroite et les chances de succès ténues, mais l'existence de plusieurs états européens plus ou moins ravagés par la diette imposée par la droite allemande rendait légitime, le changement économique. Encore eut-il fallu un peu de courage et beaucoup de sens politique (sur le même problème, plus près des intermittents, lire ce billet)
(2) sur les conflits, crises et décisions internationales majeures des 30 dernières années, pas la moindre divergence entre le PS et l'UMP
(3) plutôt traditionnaliste et parfois progressiste (avortement...) quand elle est au pouvoir, la droite libère sa minorité réactionnaire en période d'opposition, pensant limiter la désaffection au profit du FN
(4) l'analyse économique est toujours juste, les solutions proposées sont possibles ... si les 10 premières puissances les mettent en oeuvre (en même temps)
(5) tout le monde est prévenu, mais pas sûr que tout le monde ait bien compris

 

Apple ou Google, la question casse-gueule (s04e01)

J'utilise un iPhone 4 (sytème et matériel Apple) ET un Android Galaxy S2 (système Google, matériel Samsung).
Ça ne m'amuse pas d'alourdir mes poches en allégeant mon compte bancaire, mais c'est le minimum pour développer sur ces 2 plateformes.

Bien que ces téléphones fonctionnent à merveille, je vais devoir remplacer l'iPhone 4 en Octobre. Evidemment, tout le monde n'est pas développeur d'une très bonne application (Intermittent, vous connaissez ?), mais cette course au changement touche tous les utilisateurs, à des degrés divers. Comment se fait-ce ?

ONA comme Obsolescence Naturelle Accélérée ©

Personnellement, je ne crois pas trop aux méchantes entreprises qui dégradent volontairement leurs produits pour qu'ils tombent en panne plus rapidemment. La réalité est moins romanesque : elles s'en foutent. En revanche, elles investissent peu dans la recherche de solutions qui amélioreraient la fiabilité. Concevoir et fabriquer une machine à laver garantie 20 ans, coûterait extrêment cher, ce qui mécaniquement la rendrait invendable, même avec l'argument d'une fiabilité étendue. La stratégie et les investissements du fabricant sont tournés vers l'innovation pour que justement dans 20 ans, la machine d'aujourd'hui soit fonctionnellement dépassée par un modèle plus attractif car efficace, économe, "propre", silencieux, rapide, moins cher, et bientôt, intelligent et connecté pour nous permettre de recevoir des sms comme "Madame, êtes-vous sure de vouloir laver votre robe Gucci avec les sous-vêtements de votre mari ?" (eh oui, dans le futur seules les femmes utiliseront les machines à laver). 

Pour les mobiles, l'innovation a été tellement importante que leur obsolescence n'a même pas besoin d'être programmée, elle est naturelle. Aucun téléphone conçu il y a plus d'un an ou deux n'est encore en production, tout simplement parce que le fabricant ne peut plus le mettre en vente. Par exemple, l'iphone 4S/32Go sorti en Octobre 2011 à 739€, ne peut pas être proposé aujourd'hui à 150€, sa valeur technologique actuelle, car cela dévaluerait terriblement la marque, notamment auprès de l'acheteur de 2011 qui se sentirait couillonné, et, Apple ne peut pas non plus le proposer à 500€ car à ce prix-là, il ne trouverait pas d'acheteur du tout.

phone

L'obsolescence due à l'innovation galopante contraint donc le constructeur à vendre son produit dans l'année de sa sortie et à investir en R&D pour lui trouver un remplaçant. Ce cycle court du côté de l'offre s'accomode très mal du cycle plus long de la demande, car un mobile âgé de 3 ou 4 ans fonctionne parfaitement, et peut "théoriquement" convenir à l'essentiel des besoins actuels (en gros, communiquer, surfer et divertir). Quand le marché augmentait en volume avec l'arrivée de clients qui n'avaient pas de téléphone ou pas de téléphone tactile, tout allait bien pour les constructeurs, mais maintenant que beaucoup sont équipés en Europe (marché de renouvellement), ça se complique.

Les constructeurs ont donc besoin de leviers pour que le consommateur raccourcisse la durée d'utilisation de son mobile, au plus près des 1 ou 2 ans du cycle de vie. Quels sont ces leviers ? Comment fonctionnent-ils ? Larry va-t-il enfin déclarer sa flamme à Steve ? Les réponses bientôt dans Apple ou Google, la question casse-gueule (s04e02).

Et sinon, c'est quoi le meilleur système, iOS ou Android ?

Les 2.
Non, en fait c'est celui que tu as, et que tu ne changerais pour rien au monde. Un peu comme le mac ou le PC, les Beatles ou les Stones, Brenda ou Jessica, la préférence est affective ou liée à l'habitude, la raison et la technique n'ont pas de place dans le débat.
Mais j'en vois qui trépignent à l'idée que je garde mon avis (éclairé) rien que pour moi. Alors OK, je veux bien évoquer un aspect que j'aime chez l'un, notamment parce que je le déteste chez l'autre.

iOS miam (Android beurk)

Ton iPhone vient de tomber dans les toilettes. Comme il était sous tension, personne n'allant dans ce genre d'endroit avec un mobile éteint, il est mort. Tu cours en acheter un autre, tu le branches à l'ordinateur, et là, tu retrouves exactement ton téléphone d'avant (celui qui n'a pas aimé l'eau). Tout y est, applis, sms, photos, musique, même ta dernière page consultée s'affiche au lancement de Safari. Avec Android, à moins d'être informaticien bac+13 option geek, compte une bonne heure de manipulations, et tu auras peut-être retrouvé la moitié de tes données et applications.

Android miam (iOS beurk)

Avec 150€, tu as un mobile Android neuf, débloqué et sans engagement, répondant à tes besoins d'aujourd'hui et de demain, et comme on l'a vu, il est équivallent à un appareil haut de gamme sorti il y a 2 ans. Fruit de la multitude des constructeurs en concurrence, le rapport prix/performance est imbattable. Avec ce budget, tu as juste l'oreillette Bluetooth chez Apple, mais avec un peu de chance et beaucoup d'assiduité, tu dénicheras sur le Bon Coin un iPhone 4 sans le S mais à l'avenir incertain, et qui niveau utilisation, tiendra difficilement la comparaison avec un Android à 100€...neuf et sous garantie. Sinon, il y a maintenant des mobiles android à 50€ sans engagement qui sont presque parfaits...

Le massacre du printemps

L'accord sur l'assurance chomage aura été sous tension pendant tout le printemps, c'est long, et pourtant ce n'est pas terminé, tant la saison estivale s'annonce incertaine. Les intermittents les plus mobilisés sont comme toujours ceux qui ont le plus à perdre mais qui se battent pour les autres autant que pour eux-mêmes.
Ces 3 mois sont un échec total car le système, les acteurs et la pensée ont failli.

Agonie de la gestion paritaire

En France, les accords interprofessionnels sont négociés entre les partenaires sociaux en charge de la gestion paritaire. Mais en Mars dernier, les problèmes de fond n'ont même pas été abordés car il n'y a pas eu de concertation véritable. Le Medef a proposé sa partition dans les couloirs à la CFDT et FO, en échange de quelques sièges probables aux instances paritaires. Les précédents sont malheureusement légion.

La gestion paritaire est conçue pour fonctionner avec des syndicats représentant...des syndiqués. Mais avec seulement 8% de syndiqués, principalement dans la fonction publique, le système ne marche pas. Sans syndiqués, les syndicats sont privés de cotisations, et sont donc contraints de trouver d'autres sources de financement (lire également ce billet). Ils ne représentent personne, n'ont aucun compte à rendre aux travailleurs, mais restent légalement chargés de les représenter !

Naïveté des intermittents

La Coordination a réalisé un travail remarquable depuis 10 ans. D'abord sur le plan pédagogique, elle informe, conseille et se bat pour le collectif mais aussi pour des individus désepérés face au mauvais accord de 2003 et à sa mauvaise application par un Pôle Emploi mal formé. Ses victoires et ses avancées (jurisprudence, APS...) sont nombreuses. Ensuite, la Coordination a également entrepris la bataille de la communication et du lobbying (Comité de suivi...) pour qu'un réglement adapté à la spécificité du travail intermittent voit enfin le jour.
Mais la Coordination n'était pas à la table des négociations...

Il n'y a pourtant que deux possibilités : soit militer pour changer une gestion paritaire à bout de souffle, c'est l'option ambitieuse sans doute la plus juste mais disons-le, la plus improbable tant la tâche est gigantesque, soit utiliser la gestion paritaire telle qu'elle a été conçue, avec des syndicats forts car représentants véritablement les salariés, c'est l'option du pragmatisme. Si 20% des salariés (environ 20 000 pour les intermittents) étaient syndiqués à disons, la CFDT, celle-ci aurait eu beaucoup plus à perdre en négociant en douce avec le Medef, qu'en défendant ses troupes... et on n'en serait pas là.
De ce point de vue, les intermittents n'ont pas tiré les leçons de 2003, et l'Histoire s'est répétée à l'identique.

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Faillite des politiques

La période qui a précédé la négociation a vu une extraordinaire convergence de travaux préparatoires. Le Comité de Suivi a élaboré son modèle alternatif, la mission parlementaire de J-P Gille a produit un imposant rapport d'information, le Sénat s'est fendu de 12 recommandations et le gouvernement a également anticipé la négociation paritaire en commandant secrètement des simulations à Pôle Emploi fin 2013. A des degrés divers, tous ces rapports reconnaissent la fragilité d'une partie des intermittents et la nécessité de protéger mieux sans dépenser plus. Ça n'est pas rien.
Et, hasard de taille, la négociation tant attendue coincidait avec le virage vers la politique de l'offre, de l'actuel gouvernement et son fameux pacte de responsablité qui accorde 41Md€ aux entreprises en 3 ans.

On pouvait penser qu'un gouvernement de Gauche contraint de renier ses propres fondamentaux car il n'a effectivement d'autres choix, pèserait pour soutenir un projet de justice sociale avec les moyens d'action dont dispose encore la 2ème puissance européenne. On se trompait, lourdement.

La volonté de n'apparaître ni dogmatique, ni angélique, la soumission aux injonctions allemandes, et la frousse des agences de notation l'ont emporté pour produire ce qui pouvait arriver de pire à ce gouvernement : la résignation.

La pensée unique, ainsi désignée par ses détracteurs d'hier, porte désormais pleinement son nom, puisque ces derniers l'ont définitivement adoptée.

 

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